En pleine Révolution, 3 jours avant la mort de Louis XVI, avec l’argent de sa dote, Marie-Louise et son mari achètent Pravins au Marquis d’Antigny. Celui-ci, qu’on accuse à tort d’avoir émigré, vend Pravins en catastrophe (les bâtiments et 10 hectares de vignes) avant que le bien ne soit déclaré bien national. La Révolution française ayant changé les esprits, Marie-Louise Gayot et son mari Jean-André Gayot conçoivent désormais très bien de vivre entourés de leurs deux vignerons et de partager avec eux la même cour. Lui, royaliste, sera maire (nommé) de Blacé au moment de la Restauration de Louis XVIII. Il mourra en 1820. Ils réalisent des travaux importants et améliorent les logements de leurs vignerons. Ils remplacent le vieux pressoir monumental qui était situé sous un auvent au fond de la cour par deux pressoirs plus petits et plus pratiques. Ils ferment l’auvent afin de créer un vrai cuvage, et installent le four à pain à l’extérieur de la cour, près du portail d’entrée, afin d’installer dans le cour une remise et une écurie pour cabriolet et cheval. Madame Gayot, veuve et très pieuse, fera jusqu’à sa mort de bonnes œuvres en lien avec les deux paroisses de Salles et de Blacé. Elle meurt à Pravins en 1831, « en odeur de sainteté », selon l’expression utilisée par ses héritiers.
Il a fallu la Révolution pour que les Damas d’Antigny se résignent à se séparer de Pravins. Le «petit château de Pravins» était pourtant dans leur famille depuis des temps immémoriaux, pensaient-ils. Ils ne pouvaient pas en dire l’origine mais faisaient remonter ce bien à la féodalité et aux sires de Beaujeu, ce qui était pure imagination. Pravins n’a jamais été un fief, ayant un statut d’« alleu », c’est-à-dire une terre indépendante de tout seigneur (un héritage des Carolingiens qui a perduré jusqu’à la Révolution).
Image : Cadastre napoléonien de 1812.