Remontons le fil de notre histoire

2025

Ouverture de « la salle du Héron », d’une capacité de 40 personnes, et destinée à accueillir des réunions d’entreprise, des séminaires ainsi que de petites fêtes familiales.
Salle de réunion Château de Pravins avec murs clairs, mobilier en bois et éclairage naturel
2023
Premières cuvées biodynamiques (Demeter). Première cuvée de rosé.
Logo Demeter, certification pour l’agriculture biodynamique
2018
Mise en place de pratiques d’agroforesterie.
Jeunes vignes au Château de Pravins par temps ensoleillé, avec vue sur les bâtiments du domaine
2017
Arrivée sur le domaine de Vladimir Vallat, second d’exploitation.
Portrait de Vladimir Vallat souriant
2015
Création d’une gamme de vins rouges (la grande réserve, l’argile ardente, les moraines) avec les conseils avisés de Frédéric Berne, vigneron à Lantignié.
Trois bouteilles du Château de Pravins : La Grande Réserve, L’Argile Ardente et Les Moraines
2013
Premières cuvées labellisées AB, après 3 ans de conversion.
Logos AB et bio européen, certification agriculture biologique
2010
Le vignoble commence sa conversion à l’agriculture biologique. Une première parcelle de chardonnay est plantée.
Grappes de raisins blancs fraîchement récoltés, prêts pour la vinification
2005
Isabelle Brossard, gérante actuelle du Château de Pravins, reprend en direct l’exploitation. Précédemment, le domaine était un vigneronnage tenu par la famille Dessalles, installée à Pravins depuis 1920 et se succédant de père en fils : Claude, Jean et Claude.
Portrait de Isabelle Brossard souriante devant les vignes
1984
Isabelle Brossard hérite du domaine par sa mère, Myriam Chartier, et entreprend d’en étudier l’histoire en consultant les archives privées et départementales (Rhône, Ain et Saône et Loire). Puis, forte de ses connaissances historiques, elle démarre des travaux de restauration des bâtiments en 2003, avec pour objectif de respecter l’esprit des lieux, en étudiant la destination de chaque bâtiment, et en les adaptant aux besoins d’aujourd’hui. Dans le même temps, avec son mari Jean-Frédéric, elle crée un parc afin de favoriser la biodiversité.

Image : Pravins vu du ciel du temps des Dervaux.
Photographie aérienne ancienne du domaine de Pravins entouré de vignes en rangs serrés
1941
Joseph Mathieu, le père de Myriam Chartier, notaire à Villeurbanne et originaire du Beaujolais (Ville-sur-Jarnioux), achète le domaine à la famille Menut qui le possédait depuis 1832.
Juste avant la Deuxième Guerre mondiale
Un cheval de traie fait son apparition sur le domaine : il facilite considérablement le travail des vignerons. La charrue est introduite et impose désormais de planter la vigne en rangs.
Portrait de Joseph Mathieu 1941
1832
Jean Blanc, l’ancêtre des Menut, déjà propriétaire d’un vignoble à Denicé (l’actuel château de Cercy) et du petit château de la Fléchère à Blacé (situé à 300 mètres de Pravins) achète Pravins pour y concentrer toute son activité viticole. Il y installe 4 vignerons et fait construire une cave et un cuvage aux dimensions imposantes (1842). Dans le contexte du début de la révolution industrielle, Jean Blanc voit grand. Il décide d’équiper chaque vigneron d’un pressoir, d’un logement, d’une petite cave, d’une petite écurie et d’un auvent pour le matériel agricole. Les vignerons partagent l’eau du puits, le four à pain et le cochon. Jean Blanc et sa famille s’installent au petit château de la Fléchère contrairement aux propriétaires précédents qui résidaient à Pravins.

Image : Initiales de Jean Blanc gravées sur le linteau du cuvage avec date de construction.
Détail d’une gravure en forme de cœur avec les initiales de Jean Blanc et la date “1842” sur le linteau du cuvage
1831
Marie-Louise Gayot de Saint-Eloi, née Bernard de Lavernette (une famille de la noblesse mâconnaise), meurt à Pravins. Elle était une cousine proche de Suzanne de Lamartine, chanoinesse à Salles.

Image : Extrait des Archives des Monuments historiques cité par Eugène Méhu dans Salles en Beaujolais, Marseille, Laffitte Reprints, 1980.
Plan ancien en noir et blanc représentant les façades septentrionale et méridionale du clocher de l’église de Salles en 1840.
24 janvier 1793
En pleine Révolution, 3 jours avant la mort de Louis XVI, avec l’argent de sa dote, Marie-Louise et son mari achètent Pravins au Marquis d’Antigny. Celui-ci, qu’on accuse à tort d’avoir émigré, vend Pravins en catastrophe (les bâtiments et 10 hectares de vignes) avant que le bien ne soit déclaré bien national. La Révolution française ayant changé les esprits, Marie-Louise Gayot et son mari Jean-André Gayot conçoivent désormais très bien de vivre entourés de leurs deux vignerons et de partager avec eux la même cour. Lui, royaliste, sera maire (nommé) de Blacé au moment de la Restauration de Louis XVIII. Il mourra en 1820. Ils réalisent des travaux importants et améliorent les logements de leurs vignerons. Ils remplacent le vieux pressoir monumental qui était situé sous un auvent au fond de la cour par deux pressoirs plus petits et plus pratiques. Ils ferment l’auvent afin de créer un vrai cuvage, et installent le four à pain à l’extérieur de la cour, près du portail d’entrée, afin d’installer dans le cour une remise et une écurie pour cabriolet et cheval. Madame Gayot, veuve et très pieuse, fera jusqu’à sa mort de bonnes œuvres en lien avec les deux paroisses de Salles et de Blacé. Elle meurt à Pravins en 1831, « en odeur de sainteté », selon l’expression utilisée par ses héritiers.
Il a fallu la Révolution pour que les Damas d’Antigny se résignent à se séparer de Pravins. Le «petit château de Pravins» était pourtant dans leur famille depuis des temps immémoriaux, pensaient-ils. Ils ne pouvaient pas en dire l’origine mais faisaient remonter ce bien à la féodalité et aux sires de Beaujeu, ce qui était pure imagination. Pravins n’a jamais été un fief, ayant un statut d’« alleu », c’est-à-dire une terre indépendante de tout seigneur (un héritage des Carolingiens qui a perduré jusqu’à la Révolution).

Image : Cadastre napoléonien de 1812.
Carte cadastrale ancienne du domaine de Pravins
Vers 1630
Claude Damas (fils d’Anne Gaspard) achète Pravins à ses cousins (les enfants de Louis Gaspard), non pour l’habiter mais pour posséder une propriété viticole. Les demeures construites dans l’esprit de Pravins ne correspondent plus aux goûts du temps. Les seigneurs cherchent à se distinguer spatialement et socialement des paysans, en se faisant construire des demeures de plaisance à la place des cours communes où tout le monde partageait le même espace. Pravins échappe à cette destruction, et reste un exemple rare du mode de vie antérieur. Le domaine continue à produire un excellent vin. Résidant d’abord au Château du Breuil (commune de Monthieux en Dombes) puis au Château de Commarin (en Bourgogne), les Damas d’Antigny louent Pravins en entier à des bourgeois lyonnais, qui constituent une classe intermédiaire entre la haute aristocratie et les vignerons. Pour cela, ils effectuent d’importants travaux d’agrandissement de la maison d’habitation en réemployant des pierres de taille de l’ancien bâtiment dont une partie a été rabaissée.

Image : Château de Commarin.
Château historique entouré d'eau avec tours et toits pointus
1615
Anne Gaspard, dame du Breuil, du Buisson et d’Arbain épouse François Damas originaire
de la branche des marquis d’Antigny. Ce mariage illustre le parcours de ces familles aristocratiques et en particulier de celle-ci, l’une des plus en vue à Versailles, qui s’allie aux Gaspard, une famille bourgeoise enrichie par le développement du commerce des draps et du vin. Ils fondent une nouvelle branche de la famille Damas : les Damas d’Antigny. Les Gaspard appartiennent à cette bourgeoisie lyonnaise qui a participé à la construction du quartier Saint-Jean : cultivée, riche et influencée par les cultures italienne et gréco-romaine.

Image : Blason des marquis d'Antigny.
Illustration du blason des marquis d'Antigny
1578
Mort de Louis Gaspard, seigneur de Pravins, Maître des Eaux et Forêts de Dombes et Beaujolais, capitaine de la ville de Villefranche jusqu’à ce qu’elle soit libérée des protestants en 1562.

Image : Blason de la famille Gaspard, à Pravins.
Blason de la famille Gaspard
Entre 1530 et 1550
C’est une époque d’épanouissement pour Pravins. Guillaume et Louis Gaspard (le père et le fils) rénovent entièrement les bâtiments. Ils se font construire une demeure au goût du jour avec de hautes fenêtres à meneaux en pierre jaune de Couzon parées de vitraux à l’étage noble (1er étage). Ils installent de belles et larges cheminées et un escalier à vis d’angle desservant les deux parties de la bâtisse. Ils ornent le portail de mâchicoulis et de canonnières, et la porte d’entrée de leur blason. Ils font de Pravins tout à la fois un logis prestigieux, une maison de campagne et un beau domaine viticole. Un immense pressoir trône au fond de la cour. C’est à cette époque que Pravins commence à être mentionné dans les textes comme « Maison Forte ». Bien qu’il s’agisse encore d’architecture vernaculaire, un début de symétrie commence à être introduit dans l’agencement des fenêtres et des cheminées.

Image : Fenêtres à meneaux construites à l'époque de Guillaume et Louis Gaspard.
Femme regardant par une fenêtre à meneaux en pierre dorée du château.
Fin du XVe siècle
Pravins appartient aux multiples descendants de Guy de la Bessée. Le domaine est devenu un ensemble de logis. Guillaume Gaspard, qui est apparenté par alliance aux La Bessée, décide de racheter Pravins dans son intégralité à tous les membres de la famille La Bessée.

Image : Vitrail conservé au musée de Cluny représentant probablement Mlle de la Bessée avec son père à Pravins.
Vitrail fin XVe siècle, Mlle de la Bessée avec son père à Pravins
1408
Première mention connue du toponyme « Pravins » dans un livre terrier (registre seigneurial) du XVe siècle retrouvé dans les archives du Château de Vallières. Son étymologie probable francoprovençale signifierait « Pré du vin », « Pré destiné à la culture du vin ».
Logo du Château de Pravins avec blason stylisé
1251
Un acte relate la vente par Guy de la Bessée de sa ferme sise à Blacé à Marguerite de Bagé, veuve d’Humbert V, sire de Beaujeu, pour y installer des chartreuses venant de Poleteins, le monastère qu’elle avait fondé dans l’Ain. La ferme de La Bessée se situe à 300 mètres de Pravins et est toujours dénommée ainsi. Les La Bessée sont de riches propriétaires terriens de Blacé. Ils possèdent un cuvage, des vignes, la ferme de La Bessée, et un pressoir à Pravins. Ils ont des logis à Villefranche, et seront échevins de cette ville jusqu’au XVe siècle. Pravins et les La Bessée participent au grand essor qui enrichit la France et l’Europe au XIIIe siècle : défrichage, plantation de vignes, émergence des villes franches, échanges commerciaux et foires, croissance démographique, déclin de l’emprise des sires de Beaujeu et de la féodalité.

Image : Armoiries de Villefranche.
Blason ancien représentant une tour et trois fleurs de lys
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